L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

Industrie 5.0 : Fan fiction pour ingénieur-e-s

Novembre 2018 » Nouvelles technologies » Par Veronica Romero, étudiant de génie de la production automatisée, membre, Walking Machine

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Les révolutions industrielles
Image par Véronica Romero

Suivre les avancées technologiques est devenu un travail à temps plein si l’on veut être à jour. De nouvelles percées sont relatées quotidiennement : les premiers souriceaux issus de parents du même sexe, deux personnes paralysées marchent à nouveau grâce à l’implant d’un dispositif, une compagnie utilise les nanomatériaux pour révolutionner l’industrie informatique, etc. Nous sommes témoins de la naissance d’une nouvelle génération qui code dès l’âge de 5 ans, mais plus impressionnant encore : nous (étudiant-e-s à l’ÉTS) sommes parmi les artisans qui peuvent inventer ce futur.

En termes de développement industriel, notre société se situe à l’ère de l’industrie 4.0. Elle compte parmi les éléments qui la définissent les machines intelligentes capables d’échanger de l’information de façon autonome. L’Internet of Things (ou IOT) contribue à cette nouvelle autonomie dans laquelle des capteurs travaillent en temps réel et où les données sont analysées pour améliorer, entre autres, les processus de fabrication. Notre monde est donc bien organisé. Avons-nous atteint le sommet pour autant? Bien sûr que non!

Les robots sont excellents pour la production standardisée, pour produire de hauts volumes à de hautes vitesses. Toutefois, les entreprises d’aujourd’hui sont amenées à innover leurs produits, moderniser les procédés de fabrication, et ce, pour répondre à la demande (qui elle aussi évolue constamment). Le marché va donc pousser l’industrie à chercher des solutions innovantes pour être en mesure de suivre la cadence.

Le terme « Industrie 5.0 » est donc amené par des entreprises qui voient l’ouverture vers de nouveaux défis : des produits et services jusqu’alors inexistants. Les compétences cognitives de l’humain (dont la créativité et l’imagination) sont mises de l’avant et sont associées avec la précision des aptitudes techniques des robots[1]. Cette collaboration est réalisable seulement si : (a) les personnes sont qualifiées pour travailler avec des robots, et (b) les robots (ou cobots pour collaborative robots) sont flexibles, facilement programmables et sécuritaires.

L’avenir déjà à nos portes

Au Québec, la main-d’œuvre est qualifiée et ce type de robot existe déjà! En effet, l’entreprise Kinova a récemment présenté un nouveau bras robotisé, Gen3, qui comporte justement ces caractéristiques[2]. On peut d’ailleurs lire sur son site web : « Le robot ultraléger KINOVAMD de troisième génération est conçu pour les interactions entre humains et robots. Ce qui signifie qu’il n’est pas conçu pour automatiser des tâches, mais plutôt pour travailler avec les gens, vous permettant de transcender vos limites physiques avec confiance »[3].

À ce point-ci dans votre lecture, vous devriez être convaincu que vous êtes parmi les artisans du futur!

Sans limites

L’industrie 5.0 reste encore floue à plusieurs niveaux, ce qui est en réalité la beauté de la chose, car tout ce qui nous entoure peut être remis en question. Prenez par exemple, le domaine de la mode : le consommateur pourra acheter un chandail dont la couleur est choisie en temps réel via la voix ou même les pensées (ondes cérébrales).

Dans le même ordre d’idées, imaginez une machine qui fabrique des beignes. Elle achète elle-même la farine; paie la transaction; gère ses dépenses; s’occupe de la gestion de la production ainsi que de la qualité. Cette machine à beignes fait des microtransactions contribuant ainsi à une transparence totale de la chaîne de création de valeur, le tout grâce à la technologie blockchain[4]. Le blockchain permet aussi de faire des paiements étalés (rendant possible les contrats intelligents), garantissant ainsi que la qualité du produit est respectée.[5]

Un avenir de rêve ou le chaos infernal?

Une technologie de pointe apporte son lot de questionnement, dont la protection des données recueillies par les milliards d’objets connectés (IOT) ou la prévention d’une cyberattaque. Dans le cas de la protection des données, la technologie du blockchain est prometteuse puisqu’à ce jour elle permet de faire un transfert et un stockage de données de façon sécuritaire et à l’épreuve d’activités frauduleuses.[6] En ce qui concerne la prévention d’une cyberattaque, c’est une guerre qui est déjà entamée et qui se poursuit sans relâche.

Dans la lancée des avancées technologiques, on retrouve les superordinateurs dont leur performance se mesure aujourd’hui en pétaflops (ou 1015 FLOPS[7]). Est-ce que ces pétaflops remettront en question le blockchain et ses vertus? Est-ce que le chaos est inévitable?

[1] Industry 5.0 : Return of the human touch, bit.ly/2yu7Mu6

[2] Site web de Kinova : bit.ly/2AnEq1J

[3] Caractéristiques de Gen3 : bit.ly/2z1gxLQ

[4] Définition de blockchain : fr.wikipedia.org/wiki/Blockchain

[5] Industrial IoT vs. Industry 4.0 vs. … Industry 5.0? : bit.ly/2yUWr5K

[6] Will tech make insurance obsolete in the future : bit.ly/2q944BA

[7] FLOPS : floating-point operations per second