L'Heuristique: Journal des étudiants de l'ÉTS

2018 : Deux millions à changer le Monde

Novembre 2018 » Société » Par Agathe Mertz, étudiant de maîtrise

Image pour 2018 : Deux millions à changer le Monde
 
Les étudiants de l’ÉTS à l’École d’été de l’INM 2018 (De gauche à droite : Tino Sananikone, Jade Doucet-Martineau, Cédric Vigneault, Charles Alexandre, Célia-Nour Mahrour-Venturelli, Guy Martial Nzali et Agathe Mertz)
Photo par un collègue de l’École d’été

École d’été d’implication citoyenne – Institut du Nouveau Monde

Cet été, du 15 au 18 août 2018, s’est déroulée la 15e édition, très réussie, de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM), à l’Université Concordia — École de gestion John-Molson. Grâce au parrainage de l’ÉTS, six étudiants de l’école y ont participé. Cette École d’été est adressée aux jeunes de 15 à 35 ans. Elle « permet de développer ses compétences civiques en expérimentant diverses formes de participation citoyenne »[1]. C’est aussi l’occasion d’aller à la rencontre d’actrices et d’acteurs diversifiés.

Cette année, dans le cadre des élections provinciales approchant, le thème y a été en lien : « Deux millions à changer le monde », en référence aux deux millions de jeunes qui pouvaient cette année voter. Cette année, pour la première fois, les jeunes, de 18 à 35 ans, pèseront pour le tiers des voix des urnes. Cela constitue un réel pouvoir de levier et de changement potentiel, d’autant que la génération actuelle de jeunes a eu la chance de recevoir une éducation plus longue que précédemment, notamment au Cégep ou même à l’Université.

Changer le monde

« Ce n’est pas une mince tâche et les défis à surmonter demeurent considérables, au Québec comme ailleurs. Racisme systémique, crises climatiques, processus de réconciliation, un système de santé déficient… autant d’enjeux hétéroclites sur lesquels innover. »[1]. Entre conférences, ateliers, débats et activités de création en groupe, les activités prévues à l’École d’été étaient nombreuses et diversifiées.

Un des moments forts

L’intervention de Steven Guilbeault, alors directeur principal de l’organisme Équiterre (OSBL québécois) qui « propose des solutions concrètes pour accélérer la transition vers une société où les citoyens, les organisations et les gouvernements font des choix écologiques qui sont également sains et équitables. »[2]. Le cœur de son message : lui a « surfé sur la vague qui se présentait à ce moment-là », c’était l’environnement. Il a décidé d’en faire son combat, sa cause principale. Cependant, peu importe la cause qui nous touche et que l’on choisit. Ce qui importe, c’est de s’y consacrer de manière active. On ne peut pas s’atteler à toutes les causes, mais si tout le monde s’engage un minimum dans une seule uniquement, cela sera un efficace moyen, voire LE moyen, pour faire « changer le monde »!

Autre moment fort : Le Débat Électoral

Parmi les activités a eu lieu un « Dialogue jeunesse des chefs », avec les quatre principales personnes candidates qui aspiraient à diriger le Québec suite aux élections provinciales de l’automne 2018. Pour cet événement se déroulant à un auditorium de l’Université Concordia, les questions ont été proposées par les jeunes et ils ont été chaleureusement invités à assister au débat.

Ainsi, le message était que si tous les jeunes allaient voter, ils auraient maintenant un réel impact dans les élections, face aux générations plus âgées de la société, et qu’ils pouvaient alors réellement pouvoir demander un changement.

En conclusion, l’implication des jeunes est importante, stimulante pour eux-mêmes et aussi efficac

Cela passe :

1. Par le fait d’honorer son droit de vote. La classe politique est en réalité très sensible aux revendications des citoyens, dont ses membres dépendent clairement pour être élus. Ainsi, l’expression de son vote est un vrai moyen pour avoir un impact sur le programme du futur candidat élu.

2. Par l’implication communautaire. En effet, l’implication citoyenne ne se résume pas à un vote. Un des autres moyens de pouvoir faire « changer le monde », c’est de s’impliquer, une action à la fois. Et notre engagement a d’ailleurs lui aussi un impact : direct sur la communauté, mais aussi certain sur les hommes politiques au pouvoir, dont notre satisfaction, à terme, dépend. Nous avons tout intérêt à exprimer nos besoins et réalités, ainsi que notre détermination.

Des profils d’implication pour l’ÉTS

Finalement, afin de permettre aux participants de se confronter concrètement avec ces causes, multiples, l’École d’été a proposé huit « profils d’implication citoyenne ». Les étudiants de l’ÉTS ont notamment exploré ceux de l’entrepreneuriat, de l’innovation, du leadership participatif, et de l’exploration urbanistique.

Voici quelques-uns de leurs témoignages :

Guy : « C’étaient trois jours magnifiques, dans lesquels j’ai appris au travers de nombreux échanges et rencontres avec d’autres personnes, différentes de moi et venues de diverses origines planétaires. Ça m’a permis de me rendre compte que pour changer le monde, l’idée ne vient pas de loin. L’idée est même très proche. Cette conclusion part du fait qu’en présentant lors de cette École d’été un projet entrepreneurial, afin de résoudre une problématique que je rencontre avec mes semblables, j’ai pu influencer plus de 2 000 personnes en moins de cinq jours! »

Tino : « L’École d’été m’a permis de réaliser qu’il n’existe pas une seule façon pour changer le monde. En ayant pu être sur la programmation officielle de l’École d’été [en tant que DJ], cela m’a démontré que les arts peuvent aussi jouer un rôle important en participation citoyenne. »

Agathe : « Cette École d’été a été une occasion de faire plein de belles rencontres et de diversifier ses horizons. Travailler en groupe sur un même sujet — nouveau pour tous — pendant plusieurs jours, a permis de se familiariser avec une démarche originale. De plus, notre cas d’étude étant le secteur autour du campus de l’Université Concordia, du Quartier des Grands Jardins jusqu’au parc de l’église Saint Jax, cela nous a conduits à prendre du recul sur notre environnement. »

Cédric : « L’École d’été m’a permis d’en apprendre davantage sur le milieu entrepreneurial et de savoir comment changer le monde à l’aide de petits gestes anodins. Cela m’a aussi permis de connaître des gens de divers milieu à l’aide des différents ateliers et d’apprendre qu’avec une toute petite idée, il est possible de créer un projet fabuleux. »

Et Jade conclut que cette École d’été l’a convaincue que « tout le monde peut devenir entrepreneur! ».

En définitive, une impression commune se dégage de cette expérience intense de trois jours : de cette École d’été, on en ressort avec un regard différent sur le monde et notre entourage, une bien plus grande ouverture d’esprit, et une petite fibre d’énergie afin de se lancer à notre tour dans des actions, chacun pour une de ces causes, si variées, mais si prenantes aussi.

Et ça continue l’an prochain, et d’ici là...

À noter qu’il y a maintenant aussi une « École d’hiver », qui elle aussi pour but de « développer ses compétences citoyennes afin d’apprendre à participer activement à la sphère publique »[3]. Elle a lieu en février. Sinon, restez à l’affût des activités de l’INM, et rendez-vous l’été prochain à la prochaine École d’été. C’est accessible jusqu’à 35 ans!

Pour plus de détails sur les résultats issus de l’École d’été 2018, voici une présentation de la production du « Profil exploration » : bit.ly/2EFM6AA

[1] Source : ecole.inm.qc.ca

[2] Source : equiterre.org/a-propos

[3] Souce : hiver.inm.qc.ca